Ma démarche

Dans ma pratique j’aborde cet aspect en choisissant de présenter au détail près cette nature. Presque l’inverse des Impressionnistes qui eux s’attachent à la lumière et à l’impression d’une forme plutôt qu’à la forme elle-même.
Et pourtant ils ont bercé mon enfance, éternelle admiratrice des œuvres de Claude Monet ou de Berthe Morisot. Leur gestion de la composition et des couleurs apposées les unes à côtés des autres pour créer un univers m’inspirent toujours dans la création de mes univers.
J’aime aussi l’idée d’être happé.e par un détail, regarder de très près et s’éloigner ensuite pour observer la composition complète.


Photographies : Marion Saupin
Toutes mes pièces représentent et parlent de la nature. Nous vivons dans une époque d’urgence de sa préservation et c’est une question qui me touche beaucoup.
Avant même d’être sensibilisée et sa préservation, les musées d’histoire naturelle, les cabinets de curiosité et les richesses que nous offre la nature m’ont toujours fascinée. Elle nous sert sur un plateau une infinité d’êtres vivants, de formes, de couleurs, de vies, de coopérations folles dans un même biotope.
Apprendre à découvrir ces beautés et joyaux me semble d’une nécessité absolue afin de sensibiliser à l’envie de les protéger.


Je crée des univers foisonnant qui invitent à se plonger dans un environnement coloré pour y explorer tous ces détails. Que ce soient la faune ou la flore, chaque univers et ses habitants est mis en valeur dans un cadre vitrine noir afin de donner de la profondeur et un vrai contraste avec mes mondes colorés. Lorsque je les crée ils ne se révèlent vraiment que lorsque je les mets dans leur écrin noir.
Ainsi je crée des univers uniques, parfois dans des thèmes identiques mais chacun avec sa composition propre.
Le choix du matériau papier n’est pas anodin dans ma démarche, sensibiliser à la beauté de la nature dont nous sommes peut-être un peu trop déconnectés avec un matériau du quotidien est un choix. Matériau fin, fragile mais à la fois solide, je cherche à rappeler qu’il faut traiter les créatures et les écosystèmes avec une grande précaution, j’aime ce parallèle d’une nature fragile mais aussi résiliente.
De plus, le papier est un matériau commun, que nous avons tous chez nous et auquel je cherche à donner une dimension extraordinaire afin d’amener encore plus à l’étonnement et donc à l’émotion. Sculpter le vivant avec ce matériau est une source d’expérimentations et de découvertes infinie.

